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Les monarques

Pour la plupart des Canadiens, le monarque (Danaus plexippus) signale l’arrivée de l’été. Pourtant, ce symbole estival se fait de plus en plus rare le long de nos routes et de nos champs.

Bien qu’elles ne soient pas exposées à une disparition imminente, les populations de monarque font maintenant l’objet de monitorage continu pour détecter des signes de difficulté. En 1997, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a inscrit le monarque à la liste des « espèces préoccupantes ».

En vertu de la Loi sur les espèces en péril, les espèces « préoccupantes » ne bénéficient d’aucune protection officielle. Toutefois, le Canada et le Mexique ont émis une déclaration conjointe créant dans les deux pays un réseau international de réserves pour les monarques. Trois aires le long de la rive nord des lacs Ontario et Érié ont été désignées réserve pour les monarques : la réserve nationale de faune de Long Point, le parc national du Canada de la Pointe-Pelée et la réserve nationale de faune de Prince Edward Point. Le présent guide est destiné aux résidants des régions environnantes qui voudraient participer à la création de corridors naturels de rassemblement et de migration pour les monarques en dehors des frontières du réseau.

Ce guide contient des renseignements de base sur le monarque, des suggestions et des conseils sur les jardins à papillons indigènes et des descriptions d’espèces végétales spécifiques qui sont nécessaires à la survie du monarque. Il vous permettra à la fois d’attirer ces joyaux orange et noir pour votre plus grand plaisir, de protéger les écosystèmes locaux et de favoriser la biodiversité.

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Cycle vital

Le vice-roi (Limenitis archippus) ressemble au monarque, mais il est plus petit et porte une nervure arrondie parallèle à l’aile postérieure. En imitant le monarque, il trompe probablement les prédateurs, leur laissant croire qu’il possède lui aussi des cardénolides comme défense toxique.
 

Le monarque est fortement associé à l’asclépiade car les larves de monarque se nourrissent exclusivement de cette plante. La femelle du monarque pond environ 400 petits œufs jaunes sur la face inférieure des feuilles de l’asclépiade. Les œufs mettent environ deux semaines à se développer et changer de couleur, passant du jaune au gris clair. Des larves ou chenilles en émergent et commencent immédiatement à se nourrir avidement des feuilles, des fleurs et parfois des gousses de la plante. Les chenilles portent des anneaux jaunes, noirs et blanchâtres. La croissance de l’insecte se fait entièrement à ce stade, qui dure de neuf à quatorze jours en conditions de températures estivales normales. À la fin de leur croissance, les chenilles se fixent à une petite branche. En quelques heures, suspendues par la partie postérieure, elles muent et se transforment en pupe ou chrysalide. La chrysalide ressemble à un vase cireux couleur jade orné de points dorés. Au bout d’environ deux semaines, le papillon adulte émerge et laisse sécher ses ailes pendant une heure ou deux avant de prendre son envol. Le monarque mâle adulte est orange brillant et porte au milieu de l’aile postérieure une tache noire qui émet des phéromones. La femelle est orange terne ou marron et ses veinures d’écailles noires ressortent davantage. Les adultes se nourrissent en grande partie du nectar que produisent les fleurs sauvages d’automne.

En plus de ses éléments nutritifs, l’asclépiade contient un poison cardiotonique amer appelé cardénolide qui est stocké dans les ailes et l’abdomen du monarque pendant une bonne partie de son cycle de vie. Ce poison constitue, dans une certaine mesure, une protection contre les prédateurs.

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Migration

Les monarques que l’on voit arriver dans le sud du Canada ne sont pas les individus qui avaient migré vers le Sud la saison précédente. Ce sont plutôt les descendants de ceux-ci, dont ils sont séparés par plusieurs générations. Le monarque est l’une des rares espèces de papillons migrateurs d’Amérique du Nord.

Au Canada, il existe deux populations de monarques distinctes : la population de l’Est est importante et largement distribuée à l’est des Rocheuses, tandis que la population de l’Ouest, plus restreinte, est présente uniquement au centre de la Colombie-Britannique. L’aire de reproduction au Canada correspond étroitement à la distribution de l’asclépiade.
 

Jusqu’en 1975, personne ne connaissait l’aire de migration exacte du monarque. Une opération de marquage a été lancée en 1930 et, après plusieurs décennies de poursuite des travaux au cours desquelles des milliers de papillons ont été marqués, on a fini par découvrir les aires de repos hivernal du monarque dans les montagnes du centre du Mexique. Les adultes qui éclosent en Ontario au milieu de l’été atteindront l’État de Michoacan au mois d’octobre après avoir effectué un voyage de 3 000 kilomètres à raison d’environ 50 kilomètres par jour. Là, ils se rassemblent par millions dans une forêt de sapins qui ressemble à une forêt nordique canadienne. Ce comportement protège l’espèce contre les températures extrêmes et la sécheresse.

Contrairement à la population de monarques de l’Est qui migre au Mexique, la population plus restreinte de l’Ouest migre vers des aires d’hivernage du sud de la Californie.
 

À la mi-mars, les monarques quittent leurs aires d’hivernage et entreprennent leur voyage vers le nord. Incapables de se rendre plus loin que le Texas, ils s’y arrêtent et s’y reproduisent. Ce processus de reproduction et de vol vers le nord se reproduit sur plusieurs générations jusqu’à ce que la troisième ou la quatrième génération atteigne l’Ontario au début de juin.

Plusieurs théories tentent d’expliquer comment des monarques qui ne sont jamais allés au Mexique retrouvent les aires d’hivernage traditionnelles de l’espèce à l’automne suivant. Il est possible qu’ils s’orientent sur la position du soleil, le champ magnétique de la terre, les éléments du paysage ou une combinaison de ces éléments. Selon une autre théorie, la migration des monarques pourrait être influencée par les conditions météorologiques, notamment le régime des vents, en raison de leur petite taille corporelle. Les opérations de marquage se poursuivent afin d’approfondir la connaissance de ce phénomène migratoire.

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Menaces

 

Parmi les menaces qui pèsent sur le monarque, mentionnons l’usage des pesticides et des herbicides, la disparition d’espèces végétales indigènes et la propagation d’espèces végétales non indigènes, ainsi que, plus récemment, la dissémination du pollen de plantes génétiquement modifiées, dont certaines contiennent du matériel génétique programmé de telle sorte qu’il peut être mortel pour des larves de papillons non spécifiques. Cependant, étant donné que des millions de monarques se rassemblent en un seul endroit relativement restreint du Mexique, la plus importante menace pour l’espèce est actuellement la destruction de ses aires d’hivernage. La forêt de sapins où ils trouvent refuge est soumise à l’abattage par de grandes entreprises forestières et au brûlage par les collectivités pour en faire des terres agricoles. Conséquemment, les chercheurs observent que des colonies de monarques mettent fin plus tôt à leur hivernage, s’exposant ainsi aux gelées tardives aux États-Unis et au Canada.

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Comment faire sa part

Améliorez et protégez l’habitat du monarque dans votre région en plantant des espèces végétales hôtes indigènes, notamment celles qui sont proposées dans le présent guide. Ces espèces sont importantes pour les raisons suivantes :

  • Les plantes indigènes se sont adaptées au sol et aux conditions climatiques locales et n’ont donc pas besoin d’arrosage ni de fertilisants ou de pesticides chimiques pour se développer.
  • De nombreuses espèces indigènes se développent bien dans un sol pauvre.
  • Les espèces végétales indigènes ont évolué avec les populations locales d’oiseaux, de mammifères, de papillons et d’autres insectes et leur offrent la nourriture et l’habitat.
  • Cultiver des plantes indigènes est un moyen d’améliorer la biodiversité et de créer une source locale de graines.
  • Semer ou planter des espèces indigènes permet de raccorder les espaces verts existants et d’offrir à la faune urbaine des corridors de migration tels que le réseau international de réserves pour les monarques.

Informez-vous sur la façon de créer votre propre jardin pour attirer les papillons!

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